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2 février 2016
2 février 2016,
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RELATION CHAUDE ET RELATION FROIDE DANS LA DEMARCHE PEDAGOGIQUE

Rien d’érotique dans tout cela , juste une réflexion sur les parts respectives que jouent ces relations froides et chaudes dans la démarche pédagogique mais également dans la qualité pédagogique.

Mais avant de se pencher sur la place qu’occupent l’une et l’autre, il convient de découvrir ce qui se cache derrière ces deux types de relation.

La relation froide se caractérise par l’ensemble des outils et actions où la présence humaine réelle est absente. Il peut s’agir de support papier, magnétique, vidéo, numérique etc…
Ainsi le texte d’une chanson, la partition d’un morceau de musique, le script d’un film font partis de la relation froide dans la démarche créative d’une œuvre. De même, le support de cours, le diaporama, le film d’illustration entrent dans la catégorie relation froide de la démarche pédagogique.

La relation chaude quant à elle, implique nécessairement l’intervention humaine en présentiel. Ainsi on parlera de relation chaude dans les interprétations respectives que feront ; le chanteur de son texte, le musicien de sa partition et l’acteur de son scénario.
Il en sera de même pour ce qui concerne l’animation du formateur en face à face avec son groupe.

Qui oserait imaginer un formateur sans son ordinateur, son fameux Power Point et son diaporama ? Ces outils sont formidables et ils sont des supports précieux dans la démarche pédagogique.
J’ai bien dit support à la démarche pédagogique et pas écran. En effet un diaporama, des illustrations, des tableaux, des graphiques présentés sous cette forme viennent illustrés, assoir, éclairer parfois les propos de l’intervenant. Ils présentent en plus l’avantage de la qualité visuelle, l’assurance d’une grande fiabilité de la présentation.
Cependant attention à l’abus ! Il y a, à mon avis, danger si la relation froide prend le pas sur la relation chaude
J’ai pu observer et parfois subir un phénomène assez courant. En effet lorsque le recours à des supports quel qu’ils soient devient trop important, non seulement l’attention du public baisse, mais l’endormissement de l’auditoire menace !

C’est pourquoi la relation froide s’établit sur l’usage d’excellents outils mais qui ne doivent en aucun cas servir inconsciemment à l’intervenant d’écran derrière lequel il se refugie pour cacher son stress ..ou ses insuffisances.
La démarche pédagogique a pour objectif de transmettre un savoir, cette transmission s’appuie sur les outils de la relation froide mais elle repose essentiellement sur la qualité de la relation chaude dépendant du savoir faire de transmetteur de l’animateur, en bref de ses qualités de pédagogue qui reposent elles-mêmes sur quatre grands types de compétences.

– Compétences pédagogiques qui consistent à savoir s’adapter au public dans ses explications
– Compétences en matière de « mise en scène » qui tiennent au souci d’intéresser son auditoire
– Compétences en matière de gestion de groupe qui reposent sur le charisme et l’autorité nécessaire pour se faire respecter
– Compétences en matière d’empathie à l’égard des étudiants qui sous-entendent ouverture d’esprit, tolérance, compréhension et faculté d’écoute.

Jadis nous parlions de cours par correspondance, de formation à distance et nous savons combien les personnes qui ont réussies grâce à ces outils de formation sont méritantes et … rares. En effet ces démarches pédagogiques reposaient pour l’essentiel sur la relation froide, la relation chaude étant inexistante.

Avec le e-learning, ou apprentissage en ligne qui peut se définir ainsi « se former ou l’on veut quand on veut, chaque apprenant peut construire son parcours individuel de formation à son rythme. Les outils d’évaluation y sont performants, les plateformes d’informations y sont non seulement nombreuses mais fiables et à jour, les supports y sont agréables puisque l’on y évoque la notion de ludification, ainsi la relation froide dans la démarche pédagogique à gagner en quantité et qualité. Mais il reste tout de même que la démarche est individuelle et quand bien même le e-learning permet des contacts réguliers avec formateurs et groupes d’apprenants, ces relations restent virtuelles. Alors peut-on parler de relation chaude ? Pas si sûr ! Dans ce cas j’ai la tentation de parler de relation tiède. En effet, la dynamique de groupe, la spontanéité dans les échanges, l’enthousiasme lié au regroupement, pour ne citer que ces éléments n’y sont pas !

Aujourd’hui nous sommes de plus en plus attentifs à l’individualisation des parcours de formation, pour répondre aux spécificités et besoins de chacun. Pour ce faire le numérique à permis la conception d’outils pédagogiques adaptés et personnalisé, renforçant ainsi la qualité de la relation froide dans la démarche pédagogique, mais avec le développement d’internet et de ses réseaux, c’est un autre type de relation et d’échange qui a vu le jour créant ainsi ce que j’ai qualifié plus haut de relation tiède. Cependant, l’augmentation de la qualité relation froide et l’émergence d’une relation tiède ne permettent pas de faire l’économie de la relation chaude de la démarche pédagogique que l’on retrouve dans le regroupement en présentiel des apprenants et des formateurs.

Ainsi, au delà de l’évolution technologique et qualitative des outils et supports pédagogiques à l’origine de cette nouvelle relation tiède, c’est l’équilibre entre relation froide et relation chaude qui est modifié à l’avantage de la relation froide. Cependant ce nouvel équilibre ne remet pas en cause l’absolue nécessité de la relation chaude dans toute démarche pédagogique si on veut s’assurer de sa qualité.

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