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23 avril 2018
23 avril 2018,
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De tout conflit ou situation difficile naissent des solutions et des situations nouvelles

Car si on est arrive au bout d’un système on est fatalement au début d’un autre

Prenons l’exemple de celui qui fait l’actualité ; le conflit à la SNCF.

D’un coté le gouvernement qui entend réformer la vieille institution pour la pérenniser et la mettre sur le chemin de la rentabilité, de l’autre un certain nombre de cheminots qui entendent en usant de leur droit de grève défendre leur statut et plus globalement le service public.

Le mode opératoire choisit par les organisations syndicales à pour objectif de créer le plus de perturbations pour pouvoir faire pression sur le gouvernement pour qu’il retire son projet de réforme.

Dans les faits ce sont les usagers (clients) de la SNCF qui paient leurs billets parfois forts chers qui sont privés arbitrairement de ce service de transport. Ce sont également les entreprises clientes du service fret qui ne peuvent plus compter sur cette prestation.

Face à cette situation conflictuelle qui met en difficulté bon nombre de citoyens, chacun s’organise pour trouver des solutions à ses difficultés respectives.

Les grévistes pour pallier leur perte de revenus font preuve d’imagination en faisant appel aux dons en organisant des quêtes aux péages d’autoroute ou autres lieux stratégiques, ou font preuve de créativité en utilisant des moyens à la fois plus modernes et plus efficaces comme les réseaux sociaux avec toujours le même objectif de récolter des fonds et ainsi, faire perdurer leur mouvement.

Les usagers quant à eux, pour continuer à se rendre à leur travail ou sur leur lieu de villégiature, découvrent des modes de transport alternatifs qu’ils n’avaient pas jusque là utilisés. Ainsi, un grand nombre de clients de la SNCF font la découverte, grâce entre autres aux applications de leur Smartphone, d’autres possibilités de transports. Si certains découvrent la souplesse et la convivialité du co-voiturage ou encore s’approprient des parcours sécurisés et bucoliques pour se rendre à leur travail à pied ou à vélo, d’autres, par le même biais, redécouvrent les transports en bus et leur confort moderne ainsi que leurs tarifs très attractifs.

Pour les entreprises, il ne peut en aucun cas être question d’attendre que les trains passent pour pouvoir procéder à leurs approvisionnements et à leurs livraisons, comme il ne peut pas plus, être question de se priver des compétences de son personnel pendant des grèves qui impactent longuement le transport. Elles ont donc recours à d’autres moyens de transport, fluvial, routier mais font également appel à d’autres modes d’organisation du travail comme par exemple le télétravail  ou des vidéoconférences qu’elles n’avaient parfois qu’expérimentés jusqu’à maintenant.

Les habitudes sont très confortables, il est d’ailleurs souvent très difficile de les changer, c’est ce qu’on appelle le phénomène de résistance au changement, mais lorsque contraint et forcé l’individu doit sortir de sa zone de confort, il va se créer de nouvelles habitudes dont il sera tout aussi difficile de le faire sortir par la suite.

Ainsi les organisations syndicales, en installant dans la durée le conflit, vont contribuer à l’émergence ou en tout ca à l’accélération de profonds changements dans le monde du travail et du transport.

En les privant durablement du train, un grand nombre d’usagers va se tourner à l’avenir vers d’autres moyens de transport que n’utilisaient jusque là que certaines catégories de la population.

Quant aux entreprises, face aux difficultés rencontrées tant du point de vue du transport des marchandises que du transport de ses personnels, elles vont opterhyu pour de nouvelles organisations afin de les rendre moins dépendantes à l’avenir du transport ferroviaire.

En prenant le risque de voir nombre de passagers baisser durablement comme cela à déjà était le cas dans le passé pour le marché du fret, ce n’est pas simplement la rentabilité de la SNCF qui est impactée c’est à coup sûr l’accélération programmée de la disparition des « petites » lignes et donc un maillage ferroviaire en nette diminution qui se profile au profit du transport routier, ce qui est tout de même une aberration écologique.

Le conflit est nécessaire, il fait parti de la vie, il peut même être positif, il est souvent à l’origine d’inventions, de grandes mutations, de nouvelles organisations. Mais pour ce faire, il faut que les parties en présence est la volonté d’une sortie par le haut en faisant preuve de clairvoyance, d’ouverture et de créativité afin que les situations émergentes soient sources de progrès et de bien être pour tous les individus.

Le conflit qui s’enkyste génère toujours des solutions de contournement qui profitent généralement à une minorité privilégiée au détriment de l’intérêt général.

La grève est un droit fondamental, mais elle n’est ni une obligation ni une fatalité, une recherche de solution gagnant / gagnant est à imaginer sans pression ni préalables.

Dans un confit, toutes les parties sont persuadées d’avoir raison, l’histoire, l’effet de groupe, l’enthousiasme de la transgression, l’émotion aussi, contribuent à renforcer cette conviction.

Pour ceux qui subissent la grève, il en est tout autre ; Bien sûr les avis divergent, il y a ceux pour qui c’est tout simplement inadmissible et ceux qui peuvent être solidaire du mouvement de pression. Pour ces derniers le soutien va s’émousser d’autant plus que les perturbations vont perdurer. Ainsi le mouvement va gagner en impopularité et il va être de plus en plus difficile d’envisager une sortie du conflit par le haut. Il y a donc un moment où il faut savoir arrêter la grève qui n’est plus un moyen de pression efficace mais qui devient contreproductive car elle finit par pénaliser des gens qui n’y sont pour rien et qui se désolidarisent du mouvement.

Il est temps alors de mobiliser les intelligences pour envisager une sortie positive du conflit avant que cheminots, usagers et pans entiers de l’économie finissent exsangues

Un conflit finit toujours au moins provisoirement par s’arrêter, soit par une victoire des uns et une défaite des autres lesquels n’auront de cesse de prendre leur revanche, soit par la recherche d’un accord équitable…Finalement le choix est simple

La guerre des tranchées a fini par s’arrêter, mais à quel prix et pour quel résultat l’aurait-on oublié un siècle plus tard

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