shutterstock_243031660
20 septembre 2018
20 septembre 2018,
 0

L’esprit de médiation.

 

L’esprit de médiation : de quoi parle t-on ?

 

Nul n’échappe à la médiation ! La vie confronte à la séparation, à la différence, à la frustration, à la peur, et au surgissement du confît, et, corrélativement, à la nécessité de la médiation.

L’esprit de la médiation est l’esprit du lien, un lien qui relie sans attacher. Il se décline au pluriel.

Dans sa verticalité, il est pacification, conscience et transformation ;

Dans son horizontalité, il est clarification, dialogue et reliance.

 

Esprit de médiation et management bienveillant

Le management et la médiation s’inscrive dans un concept un peu plus large qu’est celui du management bienveillant

Qu’est ce que la bienveillance ?

Le terme bienveillance mérite de s’y attarder quelque peu. Il décrit, pour faire simple, une disposition d’esprit favorable vis-à-vis de quelqu’un qui se traduit par une attitude positive concrète à son égard. Ramenée au management, elle pourrait exprimer le soin qu’un manager aurait à s’occuper du développement professionnel et personnel des collaborateurs sous sa responsabilité.

 

Est-ce vraiment le rôle d’un manager de veiller au développement de ses collaborateurs ?

Le manager n’est pas directement en charge du développement des compétences de ses collaborateurs. Le manager n’est pas non plus directement en charge de la Qualité de vie au travail. Non, certes pas directement ! Mais par sa posture, ses gestes quotidiens, ses interactions incessantes avec les membres de son équipe, il y contribue assurément.

 

Quels sont les bénéfices de la bienveillance ?

Travailler dans un climat de bienveillance est source de productivité, de fidélité à l’organisation, d’engagement et d’efficacité opérationnelle durable. Une situation dans laquelle tout le monde est gagnant ; le collaborateur, le management et l’ensemble, vu comme un écosystème. Cela ne présente, a priori, que des bénéfices pour l’ensemble des acteurs.

 

Pour le manager la bienveillance est un levier fort au service de l’efficacité de son action.

 

La posture du manager et l’esprit de médiation

Le manager s’il n’est pas médiateur doit être néanmoins au cœur de son équipe et s’impliquer dans la vie de cette dernière afin de garder et d’améliorer sa posture « d’observateur » et de « facilitateur » de la qualité relationnelle.

Il se doit, tout comme le philosophe, d’être l’observateur de ce groupe qui évolue constamment et où les individus sont à la recherche de repères, de valeurs, de certitudes et de sens.

Il doit être un « éducateur » afin de permettre aux individus de retrouver et conserver leur libre arbitre, il redonne du sens, il permet de restaurer la confiance.

 

Le manager est-il naturellement doté de l’esprit de médiation ?

Le manager doit être toujours sur ses gardes afin de cultiver l’esprit de médiation. Ce n’est pas facile. Ce n’est pas naturel.

C’est un travail de longue haleine, de tous les instants. C’est un cheminement, c’est un combat contre soi-même, ses pulsions et ses émotions pour faire triompher la raison. C’est un effort constant.

Le manager, qu’il soit ou non médiateur, est naturellement tourné vers les autres. Il est curieux, tolérant. Mais tout cela ne suffit pas à lui conférer l’esprit de médiation.

Depuis notre plus jeune âge, notre éducation nous pousse au conflit, à assujettir l’autre, à avoir raison. On nous inculque l’esprit d’adversité.

 

Quelles qualités travailler pour développer l’esprit de médiation ?

L’esprit de médiation c’est apprendre l’altérité.

Concrètement, c’est apprendre à considérer le point de vue de l’autre en l’écoutant sans interpréter, ni juger ou spéculer sur ses intentions.

C’est aider l’autre à préciser sa pensée, ses paroles. C’est lui faire prendre conscience de ses comportements, des croyances autour desquelles il a construit ses valeurs, de ses attitudes, de sa gestuelle. C’est leur donner du sens.

C’est reconnaître l’autre comme légitime dans ses points de vue, ses intentions et sa maladresse.

Cela ne nécessite pas l’accord sur le point de vue exprimé par l’autre et cela n’empêche pas d’agir non plus.

Cette attitude permet à l’autre de se sentir reconnu et par là même apaise les tensions, les aprioris.

La communication repose simplement pour chacun sur un constat des faits, son ressenti personnel et les conséquences qui peuvent en découler.

L’esprit de médiation c’est aussi pour le manager mettre en place une relation d’aide.

J’entends par ce terme de relation d’aide, des relations dans lesquelles le manager cherche à favoriser chez le collaborateur :

  • la croissance,
  • le développement,
  • la maturité,
  • un meilleur fonctionnement
  • une plus grande capacité à affronter des situations diverses.

Le but n’est pas de résoudre un problème précis, mais d’aider au développement de la personne de telle sorte qu’elle puisse affronter ce problème et d’autres ensuite avec une personnalité parvenue à une plus parfaite intégration

Trois conditions sont nécessaires à la construction de cette relation

  • La congruence
  • La considération positive
  • L’empathie et l’altruisme

La congruence

La congruence, c’est quoi ?

La congruence est l’alignement entre ce que l’on est, ce que l’on fait, ce que l’on dit. Nul besoin de se cacher derrière un masque ou de fausses qualités, la congruence permet un « rayonnement » de communication bien plus efficace que tous les « trucs et astuces » de communicants, mais elle implique une réflexion sur soi, une cohérence interne. Par conséquent, être congruent nous amène à être authentique…

Pourquoi être congruent est difficile ?

Aligner les actes que l’on pose dans sa vie et ce que l’on ressent profondément peut s’avérer difficile. Tout d’abord parce que la réalité humaine fait de nous des êtres complexes, aux désirs multiples et contradictoires parfois. Et aussi parce que quand nous sommes soumis aux pressions de notre environnement, nous nous ajustons en utilisant des automatismes que nous avons développés au cours de notre histoire pour nous protéger, les mécanismes de défense.

L’histoire et les caractéristiques propres de chaque personne définissent ses qualités, et ces mécanismes de défense sont aidants quand ils sont ajustés à la situation. Mais ces racines et ces attaches qui nous constituent contribuent aussi dans la longue durée à nouer une sorte de nœud et à créer un « pli » . Et ce pli peut nous empêcher d’atteindre nos objectifs, ou de maintenir de bonnes relations avec les personnes qui nous entourent. Dans ce cas là, ce pli qui nous définit mérite d’être revisité pour gagner en souplesse et en capacité d’adaptation, et nous aider à mieux nous relier aux autres et à la réalité.

Identifier nos mécanismes de défense

Apprendre à identifier les pensées irrationnelles qui nous traversent et qui déclenchent nos émotions de peur, de méfiance et de colère, ainsi que les réactions qu’elles déclenchent permet de choisir une réaction plus adaptée à la situation à traverser, et de devenir ainsi chaque jour un acteur plus responsable de sa vie et de son avenir.

Quelles sont les peurs qui m’empêchent d’être moi ? Comment travailler sur ma cohérence intérieure ? Comment avoir confiance en moi ? Autant de questions à se poser pour aller sur le chemin de la congruence. Choisir ce chemin c’est se relier à la voie du cœur, et gagner en cohérence, en force et en impact, trois éléments indispensables à la réussite de tous ceux qui souhaitent s’épanouir dans leur vie professionnelle et personnelle.

La considération positive inconditionnelle

Cette attitude est constituée de plusieurs dimensions relativement indépendantes telles que:

  • la considération positive,
  • l’attitude non directive,
  • l’attitude inconditionnelle.

 

 

 

La considération positive

La considération positive se réfère à l’attitude affective du manager vis à vis de son collaborateur, la question étant: jusqu’à quel point parvient-il à valoriser celui-ci et à accueillir sa présence, a-t-il foi en ses potentialités et arrive-t-il à créer avec lui une relation de qualité non possessive. On peut aussi appeler cette attitude « prendre soin » ou « chaleur non-possessive ».

 

L’attitude non directive

L’attitude non-directive est une dimension qu’il serait plus correct de nommer « Centré sur le collaborateur », et elle se réfère essentiellement à une notion de respect. Cela veut dire qu’on approche le collaborateur comme une personne unique et indépendante ayant le droit de vivre selon son propre point de vue. En opposition avec cela se poserait l’attitude paternaliste qui consiste a traiter le collaborateur selon le cadre de référence du manager. Ce qui caractérise l’attitude paternaliste est le manque de respect pour l’intimité et les rythmes propres du collaborateur et le fait de vouloir le modeler selon nos propres schémas de sentiments, de pensées et de comportements.

 

L’attitude inconditionnelle

Finalement, l’attitude inconditionnelle se réfère aussi bien à la qualité de constance dans l’acceptation du collaborateur, qu’à l’étendue de son registre. Acceptation inconditionnelle signifie que cette acceptation n’est ni tributaire de l’état émotionnel du collaborateur, ni de son comportement, ni de l’attitude qu’il adopte envers son manager, ni de ce que d’autres peuvent penser de lui.

L’empathie et l’altruisme

L’empathie

L’empathie est la capacité de ressentir les émotions, les sentiments, les expériences d’une autre personne ou de se mettre à sa place.

Cette attitude nécessite un effort de compréhension intellectuelle d’autrui. Elle exclut cependant toute confusion entre soi et l’autre, tout mouvement affectif personnel ainsi que tout jugement moral. En effet, l’empathie n’implique pas de partager les sentiments ou les émotions de l’autre, ni de prendre position par rapport à elle, contrairement à la sympathie ou à l’antipathie.

 

L’empathie est un élément important de la vie en société car elle favorise l’entraide et donc la survie du groupe.

4  caractéristiques de l’empathie

1.Voir la situation de la même perspective que l’autre personne

2 Reconnaître le point de vue de l’autre comme étant sa propre vérité

3.Eviter le jugement

4.Reconnaître les émotions d’autrui et les communiquer

 

L’empathie, c’est aussi une attitude qui pousse l’individu vers l’altruisme, la générosité

 

 

L’altruisme

L’altruisme est une disposition de caractère qui conduit à s’intéresser, à se dévouer, à se consacrer et à vouloir faire le bien aux autres, à les aider, à faire preuve de générosité envers eux, sans rien attendre en retour.

Il s’agit d’adopter une attitude généreuse dans le but d’aider.

L’altruisme est un sentiment désintéressé d’amour pour autrui qui peut être instinctif ou réfléchi. Il s’oppose à l’égoïsme.

 

En conclusion

Ce qui est en jeu, c’est le passage d’un management où l’ordre est imposé par l’autorité hiérarchique à un ordre reposant sur la négociation et caractérisé par un processus d’échanges où chaque individu a sa place.

Dans un environnement tellement changeant aucun véritable succès ne peut être envisagé sans y associer les collaborateurs Plutôt que d’être un réparateur ou un gestionnaire de problème, un des rôles clés du manager est d’entretenir et de restaurer le cas échéant, la capacité à s’ajuster de l’équipe.

Cultiver l’esprit de médiation au sein des équipes contribue d’une part à donner du sens au travail de chacun, à laisser plus d’autonomie, à laisser s’exprimer plus de créativité, à redonner de la confiance mais participe d’autre part à l’établissement d’un climat bienveillant porteur de réduction de stress, de tension, de conflits et d’absentéisme

Travailler dans un climat de bienveillance est source de productivité, de fidélité à l’organisation, d’engagement et d’efficacité opérationnelle durable. Une situation dans laquelle tout le monde est gagnant ; le collaborateur, le management et l’ensemble de la collectivité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *